Historique

En France, au XVIIème siècle, L’essor de la faïence est surtout lié au malheur du temps. C’est-à-dire à la pauvreté des finances royales. En effet, pour renflouer son trésor de guerre, Louis XIV décrète plusieurs édits « somptuaires » (1689, 1699, 1709) imposant le luxe il envoie à la fonte ses objets et vaisselles d’or et d’argent. La noblesse est incitée à faire de même: Il faut donc trouver une matière de subtitution assez distinguée et raffinée pour remplacer de façon honorable une place d’honneur sur les tables seigneuriales et princières. « Tout ce qu’il y eut de grand et de considérable  se mit en huit jours à la faïence»

(Journal du duc de Saint Simon, 1709)

buffet à Versailles

La Grande Histoire des arts de la table à Moustiers,

 

La plus prestigieuse du Royaume.

 

 

Au milieu du XVIIème siècle, les potiers de terre de Moustiers détenait tous les éléments pour fabriquer de la faïence: La terre, l’eau le bois, il suffira d’ajouter un peu plus d’étain dans leur formules pour obtenir un émail blanc, opaque et brillant. Quasiment un siècle après Nevers , plus loin encore d’un Massée Abaaquesne à Rouen des 1525, Antoine et Pierre Clérissy à Moustiers continuent la lignée des faïenciers et se révélèrent de véritables virtuoses de la céramique en assimilant parfaitement l’alchimie de l’émail stannifère de grand feu. Le succés de l’entreprise des Clérissy revient à l’association de François Viry père, Gaspard et Jean-Baptiste fils peintre et décorateur de premier ordre formés à l’école de l’arsenal de Toulon Travaillant au décor des galères du Roi Soleil. plat oblong, réf:215, décor maritime
Plat rond scène de chasse à l'outarde  Arrivent de Paris et de Versailles des dessins de Girardon, de Le Brun ou de Jean Bérain. L’art de la Cour pénète ainsi la ville aux rochers ocrés, retranché dans les paysages sauvages et parfumés du Verdon.Naissent les fabuleux plats de chasses avec l’art savant de la technique du grand feu, les bleus profonds décorés avec un brio étourdissant pour ces scénes inspirées d’Antonio Tampesta (peintre, graveur italien du XVIéme siècle) ou de la bible de Sasy.Avec versailles Louis XIV n’édifiait pas simplement le plus beau château du monde, il gagnait un prodigieux pari, l’Europe détourne ses regards admiratifs de Rome pour s’adonner, sans réserve, au goût de France. La table et son faste participent pleinement à cette réussite. Tout cela apporte à la France une place privilégiée en matière d’art tout au long des XVIIIéme et XIXéme siècles. 
 

 Louis XIV promulgua plusieurs édits somptuaires (fonte de la vaissaille d’or et d’argent), visant à la fois à limiter la frénésie de lux et à renflouer les caisses de l’état, vidées par tant de guerres et de problémes économiques.

L’orfèvrerie occupe les premiers rangs sur la table royales et d’Europe. La vaisselle d’orfèvrerie établit une table de qualité, étant aussi un placement et quand l’argent manque, il était d’usage de faire fondre quelques pièces du service.

En 1709, Saint-Simon résume la situation: »Tout ce qu’il y avait de grand et de considérable se mit à la faïence ».

Louis XIV fera grand cas de la faïence et le nom de Moustiers sera bientôt connu dans toute l’Europe. A l’honneur sur toute les tables du royaume, Moustiers subjuge et séduit les grands seigneurs de la cours, la Marquise de Pompadour, les Colbert, le Comte de Maurepas, le Duc de Richelieu, etc…

Aux arabesques enlevée, aux scènes de chasses fouillées, les peintres de Moustiers associèrent de somptueux motifs de broderies sur les ailes des plats comme des assiettes reprenant les formes d’orfèvrerie. 

grand vasse sur pied
Louis XIV  La notion de service de table entre véritablement dans les moeurs et les usages au XVIIIéme siècle encouragea les faïenciers à créer des ensembles complets dans le souci d’homogénéité sur les tables.Le service à la Française à Versailles.

Les mets trés nombreux, sont apportés en vagues successives appelées « services ». Au service des potages et entrée succéde celuis des rots et salades, puis des entremets, enfin fes fruits. Chaque fois, un nouveau cortège d’officiers de bouche vient disposer les plats, mais tout est si bien rodé que le repas ne dure que 3/4 d’heure. Plats, assiettes et couverts sont en or, en vermeil ou en argent. Les meilleurs orfèvres s’appliquent ànventer de nouvelles formes qui conservent mieux la chaleur. Les verres, trés ordinaires, ne sont présenté’à la demande. 

 Le dîner ou petit couvert.A 13 heures dans sa chambre, le roi mange seul assis à une table dressé face aux fenêtres. L’assistance à ce repas en principe privé, mais auquel Louis XIV admet tous les hommes de la cour, y est comparable à celle du lever, une centaine de personnes.Décor à la Bérain.

L’ornemaniste Jean Berain dessinateur du cabinet du roi Louis XIV en 1675, dessinateur encore des jardins, des flottes et de toutes les fêtes royales, sonstyle succède à celui de Le Brun à la fin du XVIIéme siècle. Alors les faïences s’animent de fine architecture de jardin, de personnages empruntés à la statuaire classique et de figures chimeriques de rinceaux délicats et de subtiles volutes qui s’enlacent en gacile décor de ballet fantaisie dans l’atelier des Clerissy, toujours au bleu de cobalt.

soupièrre ronde tripod, décor à la Bérain
pot couvert sur piedouche, réf: 228 décor Olèrys

 Olérys.

Né à Marseille Joseph Olérys passe dix ans à Alcora en Espagne, à la tête de l’atelier de peinture de la faïencerie du Comte d’Aranda, puis revient fonder sa propre maison à Moustiers le 27 septembre 1738, avec son beau-frèreet complice Jean-Baptiste Laugier.Il travaillent en grand feu, et progressivement introduisent la polychromie sur des services de table aux lignes plus souples et chantournées à la mode et y apposent leur souffle créatif.Les décors Olérys.

L’ajout de couleurs, le rehaut de jaune d’antimoine, le vert de cuivre et le volet de manganèse apportent des reliefs inattendus aux arabesques de Berain, ainsiqu’à ses décors plus personnel, les fines bordures de ferronnerie inspirées des dentelles de fers forgés chères aux Provençaux, les petits bouquets de fleurs de jasmin ou de solanées aux cinq pétales en pointes carctéristiques, les papillons, les scènes de chasse ou de marchands. Il renouvelle le thème mythologique, la scène centrale polychrome, cernée de fleurs, s’accompagne de guirlandes de fleurs festonnées sur les ailes des plats et assiettes. Ces décors mythologiques sont l’oeuvre d’un groupe de peintres talentueux au XVIIIéme siècle, comme l’étaient les poètes anciens qui ont crée ces thèmes. Les céramiques aux cartouches illustrées narrant les avantures que connaissent les dieux, déesses, demi-dieux et simples mortels forment « le livre de faïences » le plus varié pour nous familiariser avec la mythplogie gréco-romaine.

Pourquoi les artistes de Moustiers ont-il peint des scènes mythologiques? A cette question, réponse aisée: Louis XV et madame de Pompadour vont donner, à travers les artistes qu’il protègent un essor triomphant au décor mythologique tant dans la peinture que dans les tapisseries. Sans nul doute cette mode influença aussi les peintres de Moustiers.

 Décors aux grotesques.

Il s’attache encore à l’univers extravagant des grotesques. Ce thème en partie ramené d’Alcora, mais largement repensé, deviendra une grande originalité provençale, un succès vite repris par d’autre centre faïencier.Le temps sourient à la faïence, à la gaieté des décors, à l’éclat de l’émail. Elle recouvre sans fausse honte toutes les tables. Rien ne vient troubler l’insouciancte gaîté de ce petit monde traité en camaïeux de vert, de jaune ou de manganèse, voire en polychromie. Les grotesques découlent d’une longue évolution, aux dessins réinterprétés à la Renaissance puis au maniérisme proche de style de Berain. A cela se mêlent étroitement des figures de Jacques Callot, sans se départir du caractère humoristique fondamental, ou éclate à tout instant la joie de vivre provençale.

plat rond ,décor grotesques polychromes
soupière Ferrat

 Décor de petit feu.

Le peintre décore sur émail déjà cuit, puis la pièce est soumise à une moins forte chaleur (780°) pour adhérer parfaitement et permettant aux couleurs d’exulter : jaune multiples, verts intenses, pourpre de cassius, brun et sépia et enfin l(or.

Experimenté à Stasbourg par Paul Hannong entre 1744 et 1745 exploité dés 1748, le petit feu apparaît à Marseille au milieu du siècle avant une parfaite maitrise autour de 1760 avec madame la Veuve Perrin associée à Honoré Savy. Il créèrent d’étourdissants chefs-d’oeuvre qui séduirent la reine Marie-Antoinette.

A Moustiers Joseph Fouque s’adonne à cette technique avec des motifs aux chinois. En 1763, Jean-Baptiste et Louis Ferrat l’utiliseront exclusivement avec des bouquets de tulipes, roses et églantines qui rappelleront les décors de l’est.

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